Qu’est-ce qui fait de la Suisse une réussite économique?

Au cours des 25 dernières années, la Suisse a affiché des résultats économiques impressionnants. Le pays a enregistré des excédents budgétaires pendant 17 ans, a réduit sa dette publique de 52% à 39% du PIB, a conservé une base industrielle solide et a régulièrement dégagé des excédents commerciaux. L’inflation est également restée sous contrôle, se maintenant en dessous de 2,9% même pendant la crise inflationniste mondiale de 2022. Au cours de la même période, les actions suisses ont enregistré un rendement moyen de 6% par an, tandis que le franc suisse s’est apprécié de 3,2% par an. En termes simples, la Suisse présente déjà bon nombre des caractéristiques économiques que les décideurs politiques d’autres pays s’efforcent d’atteindre.

Pourquoi les actions suisses ont-elles sous-performé malgré des fondamentaux solides?

Après les turbulences liées aux droits de douane de l’année dernière, l’économie suisse est cette année sur la voie de la reprise. La reprise s’est accélérée au premier trimestre, principalement grâce à la hausse des exportations et au dynamisme du secteur industriel, soutenus par la baisse des droits de douane américains.

Malgré ce contexte plus favorable, les actions suisses ont été à la traîne par rapport aux marchés mondiaux au premier semestre, même si elles ont tout de même enregistré un rendement solide de 7%. Leur sous-performance n’était guère liée à un affaiblissement des fondamentaux, mais tenait bien davantage au caractère limité de la reprise observée cette année. La performance boursière mondiale a été dominée par une poignée de grandes entreprises du secteur technologique et liées à l’intelligence artificielle, notamment aux États-Unis. La Suisse, en revanche, n’est que très peu exposée à ces secteurs. Son marché est dominé par les secteurs de la santé, de la consommation défensive, des industries spécialisées et des services financiers.

Un instrument de diversification efficace dans un portefeuille international

Il ne faut toutefois pas confondre la sous-performance relative du marché suisse avec une baisse de la qualité ou de la rentabilité des entreprises. Au contraire, les sociétés composant l’indice Swiss Market Index (SMI) ont systématiquement généré des rendements sur capitaux propres supérieurs à ceux des sociétés de l’indice Stoxx Europe 600, voire de l’indice S&P 500, ce qui témoigne de la forte rentabilité des sociétés suisses. Cette caractéristique fait des actions suisses non seulement un élément de diversification efficace au sein d’un portefeuille international, mais aussi un élément rentable.

Les facteurs qui ont pesé sur les actions suisses ces derniers mois pourraient désormais se transformer en atouts. Alors que les investisseurs se détournent des valeurs technologiques pour se tourner vers des secteurs tels que la santé et la finance, les domaines dans lesquels la Suisse est fortement présente commencent à afficher de meilleurs résultats. Depuis fin mai, les valeurs des secteurs de la santé et de la finance ont affiché une surperformance tant aux États-Unis qu’en Europe, tandis que les valeurs technologiques ont reculé.

Pourquoi les actions suisses sont-elles bien placées pour le second semestre 2026?

Pour le second semestre 2026, nos analystes prévoient que les hausses du marché seront réparties de manière plus équilibrée entre les secteurs et les régions. Si l’on en croit les éditions précédentes des élections de mi-mandat aux États-Unis, les marchés pourraient évoluer davantage dans une fourchette étroite au cours de l’été, les investisseurs alternant entre différents secteurs plutôt que de se concentrer sur un petit groupe de titres. Ce contexte pourrait profiter aux actions suisses, qui présentent une exposition relativement faible au secteur technologique et une exposition plus importante à des secteurs tels que la santé, la consommation de base et les services financiers. Il est encourageant de constater que le sentiment à l’égard des secteurs auparavant en difficulté, notamment les produits pharmaceutiques, les produits de luxe et la consommation défensive, commence à s’améliorer, les prévisions de bénéfices se stabilisant et plusieurs titres affichant des valorisations attractives.

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